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Huitièmes et quarts de finale

Ecrit par seb le mercredi 5 juillet 2006

J’ai appris récemment que les drapeaux qui ornent les maisons, voitures, mairies, banques et autres enseignes sont ici depuis l’Euro 2004. C’est durant les derniers matchs de cette coupe que l’entraîneur Portugais a suggéré à la population de les mettre. Ils sont restés là depuis !

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Siège de la banque Espirito Santo à Lisbonne


1 /8 de final : Portugal Hollande

Nous sommes à Lisbonne, capitale du football au Portugal. Un bus nous dépose au hasard dans une des ruelles sinueuses du Barrio Alto, quartier animé de Lisbonne. Nous errons à la recherche d’un poste de télévision pour nous faire vibrer 90 minutes dans une atmosphère purement portugaise. Derrière chaque porte, nous entendons les petits écrans branchés sur le match. Dans la rue, des gens le regardent à travers des fenêtres entrouvertes. Des gamins jouent au ballon et courent jusqu’à leur maison à chaque hurlement produit par la moindre action portugaise. C’est au milieu de cette ambiance là que nous trouvons l’endroit idéal : une petite fête de quartier improvisée pour l’occasion. Des tables et des chaises sont posées dans la rue, un demi-tonneau en métal fait office de barbecue, tout le monde se connaît mais les tables vides sont offertes aux étrangers et amis du quartier voisin. Toute la famille vient manger ici et ce soir le match est en prime !

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Portugal-Hollande

Nous nous installons à une table vide mais rapidement nous sommes conviés à en partager une autre plus proche de la télévision. Les yeux sont rivés sur le ballon rond, nos voisins prennent soin de s’assurer que nous ne sommes pas hollandais… Le match est très animé et les cartons pleuvent. Certains autour de nous s’égosillent en se disputant les décisions de l’arbitre. BUT !!! Lisbonne tout entière crie d’une seule voix. Ricardo et Ricardo, avec lesquels nous partageons notre table relancent une tournée de bière. Quelques minutes plus tard, un joueur portugais est expulsé sur carton rouge, c’est le drame mais heureusement le Portugal mène toujours ! La mi-temps est sifflée juste après et c’est à ce moment là que le barbecue est relancé, les sardines sont grillées, les tables sont servies et que chacun commente le fameux carton rouge. Les portugais y croient depuis si longtemps : Ricardo me confie que si le Portugal doit gagner un jour une coupe du monde, c’est cette année ou jamais. Le match reprend, la télé tombe en panne… Son propriétaire la répare miraculeusement en un instant. Le reste du match n’est que stress, protestations, applaudissements, rires, à quelques 3000 km du stade… Le coup de sifflet final retentit à Lisbonne comme un long cri de joie. Voilà 40 ans que le Portugal n’était pas allé jusqu’aux quarts de finale ! Tout le monde sort dans la rue, les voitures klaxonnent, les motards font claquer leur pot d’échappement et la police observe ce beau monde d’un œil complice. Je me demande ce qu’il va se passer si le Portugal va plus loin…

La mi-temps...


1/4 de final : Portugal- Angleterre

1/4 de final :

Nous avions quitté Lisbonne mais nous y revenons pour voir ce match au même endroit que les huitièmes de finale. La première mi-temps est déjà bien entamée lorsque nous sommes dans le bus. Nous sommes en retard à cause d’une petite erreur dans le choix de ce dernier. Cependant nous découvrons Lisbonne au ralenti, la vie s’est arrêtée au dépend du match de l’année ou plutôt de ces quarante dernières années ! J’angoisse en voyant le chauffeur écouter le match avec un baladeur… et s’il y a un but, lâche-t-il le volant pour crier victoire ?
Nous arrivons enfin à notre « café ». Les tables sont toujours là mais cette fois c’est à l’intérieur qu’on regarde le match. Nous retrouvons nos deux amis Ricardo(s), qui ne croyaient plus à notre arrivée. Le premier a accroché une écharpe de football rouge et verte à son poignet, le deuxième a mis le tee-shirt de l’équipe nationale. Nous sommes également vêtus en rouge et vert, tout le Portugal est prêt pour l’exploit ! Hélas personne ne marque, les cris n’y font rien et les prolongations non plus… Il y a bien eu un but mais refusé. Lisbonne a tremblé sous nos pieds pendant 120 minutes et tout va se faire aux tirs au but. La confiance en leur équipe est inébranlable et ils croient en Ricardo (le gardien). Ils ont raison, celui-ci arrête trois tirs (un exploit à ce niveau). Explosion de joie de nouveau, le Portugal est en demie finale !
Les voitures recommencent leur défilé, la foule s’amasse dans les rues pour une fête qui s’annonce longue… mais les yeux se dirigent vers nous : la France va jouer contre le Brésil et peut donc rencontrer le Portugal pour la prochaine rencontre. Ce serait beau ! Ricardo(s) (qui n’ont d’ailleurs jamais été aussi fiers de leur prénom !) nous emmènent dans un autre bar.



France- Brésil

C’est vrai qu’on peut se vanter d’être au bon endroit pour regarder les matchs de la coupe du monde. Il y a beaucoup de Brésiliens au Portugal mais paradoxalement de nombreux Portugais supportent la France. Peut-être préfèrent-ils affronter la France pour la demie finale. Nous n’en croyons pas nos yeux, la France gagne… Incroyable ! La suite c’est Portugal-France et nous serons aux premières places…

Obidos

Ecrit par seb le samedi 1 juillet 2006

Déçu de Sintra et de l'urbanisation galopante de la côte, nous rentrons dans les terres à la recherche d'un minimum d'authenticité. Les routes de campagne nous déposent alors à Obidos quelques cent kilomètres au nord de Lisbonne.

Je prends timidement mon appareil photo d'une main et de l'autre le dépliant de la municipalité m'expliquant : " à Obidos, parcourant les rues tortueuses au tracé médiéval, on voit, à chaque pas, des vestiges de différentes civilisations. Des recoins et jardins enfermés dans l'enceinte de la zone de l'ancienne medina à la présence du gothique, en passant par la renaissance et le baroque, ce bourg est une immense œuvre d'art taillée, détruite et reconstruite au long des siècles. Par delà l'héritage matériel d'époques passées, Obidos, ville millénaire, où les traditions se fondent et se rejoignent est, toujours aujourd'hui, l'un des principaux joyaux du pays."

En plus de sa beauté et de son histoire, Obidos reste connectée à son époque. L'accès internet sans fil dans l'hyper centre est gratuit, des cafés tendances offrent un panorama d'exception sur toute la région et des boutiques d'art ont envahi les ruelles. Mais Obidos a surtout réussi à garder son âme, le tourisme à trouvé sa place sans toucher à l'héritage du passé. Pari réussi !

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Remparts de l'ancienne medina ceinturant le village.

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Détails d'un de ses cafés à la mode

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Vue depuis les remparts

Sintra la triste

Ecrit par seb le samedi 1 juillet 2006

On attendait de Sintra un petit village perché pittoresque et tranquille, quelques ruelles pavées qui montent à pique, quelques boutiques d'azulejos et les fameuses queijadas de la pâtisserie Piriquita. Le tout bercé par des arbres centenaires au milieu de villas joliment bourgeoises. Sintra apparaît comme une excursion agréable à une trentaine de kilomètres de Lisbonne.

Aujourd’hui, Sintra ne dégage plus rien de son élégance d’antan. Le centre ville historique s’est transformé en supermarché du souvenir. Tous les quarts d’heure, un bus déverse un flot de touristes âgés au milieu des calèches promenade, d’un café nommé « Paris », de boutiques de poteries et du musée…du jouet. C’est le soir, quand les centaines d’employés de cette grande foire touristique ferment boutique, que la ville affiche son vrai visage, celui de la désolation.
A deux rues de l’itinéraire touristique conseillé par le syndicat d’initiatives, un ramassis de bouteilles plastique, de papiers et autres déchets s’amassent dans les recoins. Les belles villas ont été désertées, leur façade s’écaille, le vent s’engouffre dans les fenêtres brisées et les vieilles portes, le souvenir d’une monarchie déchue hante les rues et les monuments. A quelques kilomètres de là, le palais de Queluz, joyau d’architecture, de jardin à la française et de pièces de mobilier historiques, affiche également une façade décrépie et un jardin où on ne sait plus distinguer création florale des mauvaises herbes. Le Guide Bleu dit que longtemps le Palais résonna des hurlements de folie et du désespoir de la reine Maris 1ère pour laquelle il fut construit. On semble les entendre encore aujourd’hui.

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Au départ de Sintra, pormenade autour du château de pena au milieu de fougères, sequoias, etc.

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Perché à 500m au dessus de Sintra, le château de pena.

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Palacio nacional.

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Palais de Queluz, murs recouverts d'azulejos.

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Palais de Queluz, splendeurs de lustres et vases chinois.

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Jardin de Queluz, dans un style italien au goût portugais.