Ecrit par seb le mercredi 29 mars 2006
Ce midi, Christophe me rejoint chez Hassan, réputé pour faire la meilleure cuisine de Goulmima. Très enthousiaste, il me narre sa rencontre avec Ali. Il faut que tu y ailles, ils attendent le photographe (en effet j’ai hérité d’un nouveau métier avec mon appareil flambant neuf). Je retrouve Ali et lui explique l’idée des « visions du Maroc » en ajoutant que « in ch’allah » cela lui fera un peu de pub. A 30 dirhams le m² (3 euros) de carrelage artisanal, cela peut pousser des français à faire un léger détour par Goulmima. Nous apprenons alors tout sur le carrelage et ses deux employés posent fièrement devant mon objectif. Les séances photos terminées, nous sommes conviés à prendre un thé (ça doit être le dixième aujourd’hui !) pour écouter l’histoire d’Ali :
« Ca fait quatre années que j’ai ouvert ce magasin ». Je lui demande pour quelle raison, si c’est une histoire de famille ou une passion (avide d’histoires d’amour) mais tout simplement Ali travaille parce que c’est comme ça : « Je n’ai le choix. Avant, j’ai fait des études de droit mais ça sert à rien ici. » Comme beaucoup de Marocains de la région, il m’explique que les études sont inutiles. Il ajoute « tu vas à l’école et après, au revoir, ils te jettent ». Il me questionne sur la France et je lui réponds que, la plupart du temps, nous avons la chance (sans vraiment le savoir d’ailleurs) de travailler dans la continuité de nos études. Mes mots le laissent rêveur. C’est aussi parce que ses parents sont morts qu’il est revenu ici pour s’occuper de la maison et des champs qu’ils ont laissés. Il ne voulait pas abandonner la maison. Nous refusons hélas sa proposition de manger et dormir chez lui
Si vous voulez des carrelages, contactez moi ou allez le voir : « Ali Sadki – rue Mohamed Sadis n°42 – 070 78 11 43 – Goulmima »

Les deux ouvriers d'Ali

Dépose de la couleur suivant la découpe choisie.

Ajout du sable qui fera la base du carrelage.

Le résultat !

A vous de choisir...

le dernier petit de la famille.

Pour sa photo, Ali a insité pour que nous posions devant ses échantillons de carrelage.
Posté dans Les visions du maroc, le maroc à vélo, Maroc
Ecrit par seb le mercredi 29 mars 2006
Les journées de pause, ça fait du bien aux jambes. Ca permet de prendre un peu soin de Mitch', de laver tout mon dressing-room (moi y compris) et de passer de longues heures sur internet. Je téléphone, j’écoute de la musique, je lis les infos, je mets à jour mon site et je reçois des nouvelles de tout le monde (enfin de ceux qui m’écrivent…). Les bonnes nouvelles ont un coté amer parce que je suis loin et qu’internet reste un moyen de communication très froid surtout dans ces cybers où l’on vous enferme comme dans une cage à lapin. Et puis il y a les mauvaises nouvelles et déceptions qui sont évidemment les plus dures. Heureusement il n’y en a pas tant que ça mais à distance elles sont décuplées.
Après ce court retour à la « réalité », je sors du cyber face à tous ces inconnus et dans cet endroit sans aucun repère. J’ai l’esprit ailleurs et j’ai envie de reconnaître un visage, d’être au ch’timi (les Nancéens s’y retrouvent souvent) ou encore d’être dans ma chambre à écouter mes derniers cds à fond. Il n’en est rien et je dois vite me ressaisir, aller de l’avant parce que demain il faudra pédaler et plier ma tente.
Posté dans Maroc, le maroc à vélo
Ecrit par seb le mercredi 29 mars 2006
Avant de partir, je ne lis jamais et ne regarde rien à propos du pays dans lequel je me rends. J’aime arriver sans savoir ce qu’il y a au bout de ma route. La découverte et la surprise en sont encore plus belles. Avant ce départ, j’ai trouvé quelques revues sur le Maroc qui parlent de l’erg Chebbi. En voici un extrait et mes photos pour l’illustrer.
« Situé au sud de Rissani, l’antique Sijilmassa, berceau de l’actuelle dynastie Alaouite et ancienne capitale du Tafilalet, l’erg Chebbi déroule son impressionnant massif de dunes. Depuis ses crêtes, majestueuses et éphémères balayées par le vent, le Sahara s’étend, mystérieux et infini, à jamais envoûtant. Admirablement sculptées et dessinées, courbes sensuelles, mélange d’ombres et de lumières, les dunes de Merzouga sont parmi les plus belles du Sahara. Certaines toisent à plus de 150m et n’ont pas à rougir face à leurs cousines de l’Arakao au Niger ou de Murzouk en Libye. Elles possèdent une particularité qui en fait une curiosité naturelle : le site de dunes ne s’étend que sur une vingtaine de kilomètres, émergeant comme une gigantesque sculpture de sable d’un reg désespérément plat. De ses pentes orientales, se dessinent à l’horizon les puissants contreforts du Hamada du Guir, vaste plateau aride qui annonce, loin derrière, le grand erg occidental. Son aspect, sa situation géographique exceptionnelle ont fait de l’erg Chebbi, la destination favorite des apprentis sahariens. »
Le désert a toujours fait rêver l’homme. Seul, isolé dans ces vastes étendues, balayées par les vents, il prend conscience de ce qu’il est. Cela est vrai aussi pour l’alpiniste accroché au flanc de son piton rocheux, tout comme pour le marin perdu dans l’immensité océanique. Le désert ressemble à la mer ou vice-versa. A l’immensité plate qu’est le reg s’opposent les vagues déchaînées du grand erg.

















Posté dans Maroc, le maroc à vélo